Réaménagement de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose : les impacts de ce projet

RN2 inondée à Beausoleil (Baie-Mahault) en mai 2017
La RN2 inondée entre Beausoleil et Fond Budan (Baie-Mahault), en mai 2017. Photo prise dans le sens Pointe-à-Pitre/Deshaies

 

Le projet de réaménagement de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose s’inscrit dans la volonté de la Région Guadeloupe de fludifier l’axe routier principal du Nord Basse-Terre. Mais celui-ci va forcément générer des impacts, aussi bien sur l’environnement que sur les populations des secteurs bordés par cet axe routier, mais aussi sur les propriétaires terriens et bien entendu, sur les usagers de la route. Quels sont-ils ?

Ary Chalus sur la RN2
Le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, en visite sur la RN2 au niveau du giratoire de Fond Budan (Baie-Mahault), le 5 janvier 2018

 

 

Impacts sur les usagers de la route

Pour les usagers de la route (notamment les automobilistes, les passagers d’autobus et les chauffeurs de camion), le réaménagement de la RN2, le plus important axe routier du Nord Basse-Terre est considéré comme une bonne chose, car cela leur permettrait d’améliorer leurs déplacements vers l’agglomération pointoise, étant donné que cet axe routier est très fréquenté et que les embouteillages, durant les heures de pointe (matin et soir) sont interminables.

Réaménagement RN2 rencontre Région Guadeloupe et riverains septembre 2017
Agriculteurs durant la visite d’Ary Chalus sur la RN2 à Baie-Mahault, le 5 janvier 2018. Le réaménagement de la RN2 va générer une diminution de leurs terrains

 

Réaménagement RN2 négociations avec les riverains
Négociations entre les hommes politiques et les riverains des secteurs bordés par la RN2 devant la ferme Vaitilingon à Dupuy (Baie-Mahault), le 5 janvier 2018

Impacts sur les populations 

Le chantier de réaménagement de la RN2 est mal vu par les populations vivant dans les zones d’habitat bordées par ce grand axe routier, car cela générerait des nuisances sonores supplémentaires, mais aussi viserait à développer un sentiment d’insécurité routière, notamment pour les cyclistes et les piétons. De plus, des risques d’expropriation ne sont pas à exclure pour les propriétaires terriens. Durant la visite des travaux d’aménagement de la RN2 effectuée le 5 janvier 2018 sur la portion allant de l’échangeur de Beausoleil au carrefour giratoire de Wonche, à Baie-Mahault, une délégation de la Région Guadeloupe, emmenée par le président Ary Chalus, a dû procéder à des négociations avec les riverains du secteur desservi par cet axe.

 

RN2 inondée à Fond Budan (Baie-Mahault) en mai 2017
La RN2 submergée dans la portion comprise entre le carrefour giratoire de Fond Budan et l’échangeur de Beausoleil (Baie-Mahault), en mai 2017. Photo prise dans le sens Deshaies/Pointe-à-Pitre

Impacts sur l’environnement et la santé

Sur le plan environnemental, le projet de réaménagement de la RN2 entre les communes de Baie-Mahault et de Sainte-Rose, pourrait menacer les terrains agricoles présents le long de cet axe routier majeur, mais aussi les zones boisées et les zones humides, comme celles autour de la rivière du Lamentin et de la Rivière Sans Nom (servant de limite entre les communes de Lamentin et de Baie-Mahault) . Ceci pourrait également générer une aggravation des risques naturels, notamment d’inondation, en raison du niveau des cours d’eau traversés par cette route en cas de fortes pluies durant la saison cyclonique (juin à novembre). Cela a été le cas à deux reprises en 2017, avec les inondations qui ont coupé la RN2 en deux au mois de mai, au niveau de la ZAC de Beausoleil, à Baie-Mahault et parallèlement, le quartier de Fond Budan qui s’est retrouvé sumbergé par la montée des eaux. mais aussi en septembre suivant après le passage de l’ouragan Maria qui a endommagé la chaussée au niveau de la Rivière Sans Nom. Ce projet routier serait également susceptible de générer des impacts négatifs sur la santé humaine, car bien qu’il vise à fluidifier le trafic entre Baie-Mahault et Sainte-Rose, il pourrait entraîner une croissance inattendue du nombre de véhicules empruntant quotidiennement cet axe desservant le Nord Basse-Terre et par conséquent, un risque important de pollution atmosphérique pouvant entraîner des maladies respiratoires (notamment l’asthme).

Carte environnementale - PLU de Baie-Mahault
Carte des zones humides et inondables de Baie-Mahault (Plan Local d’Urbanisme de Baie-Mahault, 2008). Les zones humides et inondables traversées par la RN2 sont représentées par les 4 rectangles bleus et gris (1= Zone des rivières Gourde-Liane et Houaromond ; 2=Zone de la rivière La Digue ; 3= Zone des rivières Mahault et Dupuy; 4=Zone de la Riviere Sans Nom)

Les solutions pour limiter ces impacts négatifs

Un arrêté préfectoral, délivré le 24 mai 2017, indique la nécessité « de décrire les mesures d’évitement, de réduction et de compensation prévues » dans le but « de limiter les impacts négatifs du projet sur l’environnement », notamment « en matière de prévention des risques d’inondation, de consommation d’espaces agricoles et foncier, de biodiversité et d’intégration paysagère« . Ceci permettrait effectivement de limiter les nuisances que générerait ce projet de réaménagement de la RN2 entre l’échangeur de Beausoleil à Baie-Mahault et la ZAC de Nolivier à Sainte-Rose.

 

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/pratique/travaux-circulation/travaux-a-beausoleil-la-rn-2-rouverte-428973.php

http://www.guadeloupe.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/arrete.pdf

https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/oublies-fond-budan-477477.html

https://www.regionguadeloupe.fr/actualites-et-agendas/toute-lactualite-du-conseil/detail/actualites/visite-des-travaux-damenagement-de-la-rn2-entre-beausoleil-et-wonche/categorie/amenagement-du-territoire/#_

 

Le projet de réaménagement de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose générerait donc esssentiellement de mauvais effets sur la population vivant dans les zones bordées par cet axe routier majeur, sur la santé, les terres agricoles, ainsi que l’environnement, mais aussi sur les usagers de la route les plus vulnérables (piétons, cyclistes). Mais la Région Guadeloupe veut néanmoins aller de l’avant avec celui-ci.

 

Par Anthony Bassien-Capsa, le 11 décembre 2018

Réaménagement de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose : pourquoi ce projet ?

Embouteillage RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose
Embouteillage sur la RN2 entre Lamentin et Sainte-Rose : le principal axe routier desservant le Nord Basse-Terre est une des portions de route les plus saturées de Guadeloupe

La portion de la route nationale 2 comprise entre l’échangeur de Beausoleil à Baie-Mahault et le secteur de Nolivier à Sainte-Rose est une des plus fréquentées de l’archipel guadeloupéen et donc, une des plus congestionnées, notamment aux heures de pointe les jours de semaine. C’est ainsi que la Région Guadeloupe a décidé de proposer un projet de mise à 2×2 voies de cette portion d’un des principaux axes routiers de la Guadeloupe « Continentale » ralliant Pointe-à-Pitre, à Basse-Terre,  via Deshaies, dans le but de la fluidifier. 

RN2 Baie-Mahault 2016
Ralentisssement de la circulation sur la RN2 entre l’échangeur de Beausoleil et le rond-point de Fond Budan (Baie-Mahault). Photo prise en 2016 depuis le pont de l’échangeur de Beausoleil qui la surplombe. Il s’agit de la portion (allant jusqu’au rond-point de Wonche, situé un peu plus à l’ouest) de cet axe routier majeur du Nord Basse-Terre concernée par la 1ère tranche des travaux de réaménagement de ce dernier consistant en la mise à 2×2 voies de cette portion de route qui devrait être realisée d’ici 2021 (Photo : France-Antilles Guadeloupe)

 

La RN2 : une route souvent congestionnée

La RN2 est un des principaux axes routiers de Guadeloupe. Il rallie Basse-Terre à Pointe-à-Pitre via Deshaies, sur une longueur de 87 kilomètres. Nous allons nous intéresser ici à la portion allant de l’échangeur de Destrellan à Baie-Mahault au centre-bourg de Sainte-Rose qui constitue le principal axe routier du Nord Basse-Terre. Avec la densité des activités économiques de cette zone (pôles économiques comme celui de Jaula à Lamentin, exploitations agricoles, etc.), celui-ci est régulièrement saturé et un trop grand nombre d’accidents est enregistré chaque jour depuis de nombreuses années. Cet axe routier avait été conçu à l’origine pour un trafic de l’ordre de 20 000 véhicules par jour, mais cela a été sous-estimé, puisque c’est en fait 35 000, voire 40 000 véhicules qui l’empruntent tous les jours.

Carte routière Nord Basse-Terre
Carte routière du Nord Basse-Terre (IGN). Les trois rectangles de couleurs différentes représentent les trois tranches de travaux de réaménagement de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose qui s’échelonnent entre 2016 et 2021. 1ère tranche (rectangle violet) = Mise à 2×2 voies de la portion comprise entre l’échangeur de Beausoleil et le rond-point de Wonche (Baie-Mahault) ; 2ème tranche (rectangle rouge) = Mise à 2×2 voies de la portion comprise entre le rond-point de Wonche (Baie-Mahault) et l’échangeur de Bréfort (Lamentin) ; 3ème tranche (rectangle orange) = Aménagement de la déviation de La Boucan entre la Zone Industrielle de Jaula (Lamentin) et la ZAC de Nolivier (Sainte-Rose)

Pourquoi mettre la RN2 à 2×2 voies ?

Pour fluidifier cet important axe, mais aussi renforcer la sécurité des usagers, la Région Guadeloupe a décidé de mettre en place plusieurs tranches de travaux d’aménagement sur celui-ci dans le but de faciliter l’accès vers le Nord Basse-Terre en provenance de l’agglomération pointoise, mais aussi de favoriser le développement économique de cette partie de l’archipel guadeloupéen. Il s’agit par ailleurs  Ce chantier de grande envergure est divisé en trois phases :

  • La première tranche est celle de la mise à 2×2 voies de la portion de la RN2 allant de l’échangeur de Beausoleil au rond-point de Wonche, via le giratoire de Fond Budan sur le territoire communal de Baie-Mahault. Le chantier a démarré officiellement en au début de l’année 2016 et devrait s’achever courant 2021. Entre 2016 et 2017, c’est la portion allant de l’échangeur de Beausoleil au carrefour giratoire de Fond Budan qui a commencé à être élargie, mais depuis, il n’y a aucune activité sur cette dernière. Depuis Selon Michel Gène, directeur de l’ingénierie routière à la Région Guadeloupe, « les travaux de confortement du sol entre Beausoleil et Fond Budan se sont terminés en juillet 2018″, tandis que « ceux de terrassement entre Fond Budan et Dupuy ont débuté avec rétrécissement des voies de circulation et une vitesse maximale limitée à 70 km/h« . ;
  • La deuxième tranche sera celle de la mise à 2×2 voies de la portion allant du rond-point de Wonche à Baie-Mahault jusqu’au pont-échangeur de Bréfort à Lamentin ;
  • Enfin, la troisième et dernière tranche de ce chantier sera celle de l’aménagement de la déviation de La Boucan entre les secteurs de Jaula, à Lamentin et de Nolivier, à Sainte-Rose.
Projet carrefour giratoire Routa (Lamentin)
Le carrefour entre la RN2 et la RD2 entre Borel et Routa (Lamentin) : il sera le site de l’aménagement d’un carrefour giratoire destiné à rendre cette intersection plus sécuritaire. Photo prise dans le sens Pointe-à-Pitre/Deshaies
Carrefour de Routa - Lamentin
Carrefour de Routa (Lamentin) entre la RN2 et la RD2, site du projet d’aménagement d’un carrefour giratoire destiné à rendre cette intersection plus sécuritaire. Photo prise dans le sens Deshaies/Pointe-à-Pitre

Quant aux voies de communication annexes (routes départementales et communales), elles feront l’objet d’un rétablissement par rapport aux intersections avec la  Le coût total du chantier s’élève à 18 millions d’euros.

RN2 entre Baie-Mahault et Lamentin
Circulation sur la portion de la RN2 comprise entre le rond-point de Wonche (Baie-Mahault) et l’échangeur de Bréfort (Lamentin) au niveau de la ZAE de Dorville (Baie-Mahault) en direction de Sainte-Rose : il s’agit de la portion qui sera concernée par la 2e tranche des travaux de réaménagement de la RN2 qui prendra la forme d’une mise à 2×2 voies et dont le chantier devrait avoir lieu d’ici 2021

Autres alternatives à la 2×2 voies

Il existe d’autres alternatives à la mise en 2×2 voies de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose. Par exemple, il serait possible de la transformer en une route à 3 voies, dont la voie centrale serait réservée aux dépassements en alternance selon les deux sens de la circulation, tout comme sur certaines portions de la RN1 ralliant Pointe-à-Pitre à Basse-Terre via Capesterre-Belle-Eau, notamment dans la traversée de Goyave et celle de Trois-Rivières. Ceci aurait pour effet de limiter la vitesse à 80 km/h maximum, comme cela est imposé sur les grandes routes à double sens de circulation depuis le 1er juillet 2018, mais aussi les nuisances sonores à proximité des zones d’habitation situées le long de cette route nationale.

Ary Chalus sur le chantier de la Déviation de La Boucan entre Lamentin et Sainte-Rose
Le président de Région, Ary Chalus, sur le chantier de ce qui devrait devenir la déviation de La Boucan, entre la Z.I. de Jaula (Lamentin) et la ZAC de Nolivier (Sainte-Rose), en 2016 (Photo de France-Antilles Guadeloupe) : il s’agit de la 3e tranche des travaux de réaménagement de la RN2 qui devrait être réalisée d’ici 2021.

Dans un article publié dans l’édition Guadeloupe du quotidien d’informations France-Antilles en aout 2016, le président de Région, Ary Chalus, avait annoncé que la déviation de La Boucan, entre Lamentin et Sainte-Rose est « nécessaire » et qu’il « faut donc la faire« . Mais il estime également qu’il faut limiter les impacts négatifs sur les activités économiques du secteur de Jaula, à Lamentin, ainsi que les emplois : c’est pourquoi le président de Région pense qu’il serait préférable que cette déviation prenne la forme d’une 2×1 voie (c’est-à-dire une route à double sens de circulation), plutôt que d’une 2×2 voies (route à chaussées séparées par un terre-plein central).

ZAC de Nolivier (Sainte-Rose)
La ZAC de Nolivier (Sainte-Rose), qui sera à l’extrémité ouest de la future déviation de La Boucan qui partira des environs de la Zone Industrielle de Jaula (Lamentin) et de l’ensemble des projets de réamémagements de la RN2 entre Baie-Mahault et Sainte-Rose

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/economie/deviation-de-la-boucan-sans-issue-pour-la-2×2-voies-388512.php

https://www.regionguadeloupe.fr/fileadmin/Site_Region_Guadeloupe/actus/actus_du_conseil/Pleniere_301117_DP.pdf

https://www.regionguadeloupe.fr/actualites-et-agendas/toute-lactualite-du-conseil/detail/actualites/visite-des-travaux-damenagement-de-la-rn2-entre-beausoleil-et-wonche/categorie/amenagement-du-territoire/#_

http://www.caraibcreolenews.com/index.php/service-presse/item/14409-guadeloupe-pleniere-du-7-septembre-2018-le-discours-de-ary-chalus

http://www.guadeloupe.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/cc_2015-165.pdf

 

Le projet de réaménagement de la portion de la RN2 ralliant l’échangeur de Beausoleil à Baie-Mahault et la ZAC de Nolivier à Sainte-Rose s’avère être un enjeu crucial pour fluidifier cet axe majeur du Nord Basse-Terre, mais aussi pour mieux rallier cette région de la Guadeloupe à l’agglomération pointoise sur le plan économique, notamment. Ce chantier s’inscrit dans les priorités du Conseil Régional.

 

Par Anthony Bassien-Capsa, le 13 décembre 2018

 

Le lycée de Baimbridge fête ses 50 ans en s’offrant une rénovation intense

Lycée de Baimbridge - vue d'ensemble
Vue d’ensemble de la Cité scolaire de Baimbridge (Les Abymes), depuis une tour HLM voisine

 

 

Le Lycée Général et Technologique (LGT) de Baimbridge, aux Abymes, est considéré comme une cité scolaire, vu qu’il regroupe deux lycées sur un même site. C’est de loin, le plus vaste lycée de la Guadeloupe et des Antilles Françaises, mais il a été également pendant plusieurs années le plus grand établissement scolaire du type secondaire de l’ensemble du territoire français ! En 2018, il fête ses 50 ans d’existence et pour célébrer dignement cet anniversaire, il s’offre un lifting extrême .

Fresque murale Lycée de Baimbridge
Fresque murale devant le Lycée Général et Technologique (LGT) de Baimbridge (photo prise depuis le Boulevard des Héros)
LPO Chevalier de Saint-Georges (Baimbridge)
Bâtiments du Lycée Polyvalent (LPO) Chevalier de Saint-Georges (anciennement Lycée Charles Coeffin, puis Lycée Caraïbe II)
Plan du Lycée de Baimbridge
Plan du Lycée de Baimbridge (photo prise avant 2015)

LGT de Baimbridge : historique

  • 1963 : L’État acquiert un terrain autrefois occupé par une habitation cannière alimentant l’ancienne usine de Darboussier, à Pointe-à-Pitre. L’Éducation Nationale saisit le dossier et obtient la construction d’un établissement scolaire destiné à désengorger le lycée Carnot, situé au centre-ville de Pointe-à-Pitre ;
  • Janvier 1965 : Livraison de la première tranche du Lycée de Baimbridge (il s’agit du Lycée Polyvalent Chevalier de Saint-Georges, autrefois connu sous le nom de Lycée Charles Coeffin) ;
  • 1968 : Accueil des premiers élèves. Pendant plusieurs années, il fut le seul lycée de toute la Grande-Terre et de la moitié nord de la Basse-Terre et également le plus vaste de France  ;
  • 1998 : Le Lycée Charles Coeffin (LPO) déménage sur le site actuel de Trioncelle, à Baie-Mahault. Il sera rebaptisé par la suite Lycée Caraïbe II, puis Lycée Chevalier de Saint-Georges ;
  • 2005 : Démolition du château d’eau, fragilisé par le séisme du 21 novembre 2004 ;
  • 2015 : Lancement des travaux de rénovation et de reconstruction du lycée de Baimbridge.
expo_histoire_baimbridge-931906
Tableau décrivant l’évolution du quartier de Baimbridge depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours
Vue aérienne Cité scolaire de Baimbridge
Vue aérienne de la Cité scolaire de Baimbridge avant 2000 (le château d’eau, démoli en 2005 apparait sur la droite de l’image)
Baimbridge dans les années 80-90
La Cité scolaire de Baimbridge dans les années 1980-90

 

Baimbridge dans les années 2000
Le Lycée de Baimbridge avec le château d’eau (en haut, à gauche) démoli en 2005. Photo prise aux alentours de 2000

 

Caractéristiques des travaux de rénovation et de reconstruction du LGT de Baimbridge

Le 24 février 2015, le recteur de l’Académie de la Guadeloupe de l’époque, Camille Galap, a officiellement lancé les travaux de rénovation et de reconstruction de la Cité Scolaire de Baimbridge, en présence de personnalités politiques, d’anciens proviseurs, du personnel enseignant et des représentants d’élèves et de parents du lycée à l’approche du 50e anniversaire de son ouverture, en 2018.

 

Plan de reconstruction du Lycée de Baimbridge
Le Lycée de Baimbridge, avant le début de la reconstruction en 2015

 

Visuel reconstruction cité scolaire de Baimbridge
Vue aérienne visuelle du projet de reconstruction du Lycée de Baimbridge

 

Visuel rénovation LGT Baimbridge
Visuel du projet de reconstruction du Lycée de Baimbridge depuis la cour intérieure de la Cité scolaire

 

Détails de ce projet de rénovation et de reconstruction :

  • Durée : 7 ans ;
  • Coût : 170 millions d’euros ;
  • Projet développé dans le cadre du Plan Séisme (consolidation des bâtiments afin qu’ils répondent aux normes sismiques en vigueur depuis 1977) et de la Convention État-Région
  • Projet également soutenu par l’État qui y a versé 20 millions d’euros
  • Objectif : rénover l’établissement en tant que site occupé (les travaux ne doivent pas perturber les cours !) afin de livrer une cité scolaire disposant de tous les atouts nécessaires à la réussite des élèves.
  • Trois phases pour les travaux :

–  1ère phase : démolition de la partie sportive de la cité scolaire en vue de la construction de bâtiments administratifs, de l’internat et du CDI au bout de 38 mois ;

– 2ème phase : démolition des édifices d’enseignement actuels afin de reconstruire le gymnase et le restaurant scolaire après 32 mois de travaux ;

– 3ème phase : reconstruction du palais sportif en 19 mois, incluant 2 gymnases, une piscine et un terrain de sport avec une piste d’athlétisme de 400m ;

  • Nouvelle organisation dans des bâtiments ayant une architecture audacieuse et dynamique pensés pour le bien-vivre collectif

Ce projet de rénovation-reconstruction est considéré comme colossal, car il s’agit d’un des plus gros chantiers que la Guadeloupe va connaître dans les prochaines années, d’autant plus que ce sont des entreprises locales qui sont derrière ce projet !

https://www.ac-guadeloupe.fr/actualites/cite_scolaire_baimbridge_bientot_renovee

https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/lycee-baimbridge-fete-son-cinquieme-anniversaire-652146.html

http://www.lgtbaimbridge.fr/spip.php?article1193

Rénovation cité scolaire de Baimbridge
Vue du chantier de reconstruction du Lycée de Baimbridge pris depuis un bâtiment de la Cité scolaire
Cité scolaire de Baimbridge en reconstruction
Chantier de rénovation du Lycée de Baimbridge (en cours depuis 2015) 
Reconstruction LGT Baimbridge
Ouvriers sur le chantier de reconstruction du Lycée de Baimbridge

 

Ce projet vise à transformer la Cité scolaire de Baimbridge, afin de la moderniser sur le plan des normes antisismiques et paracycloniques notamment.

 

Par Anthony Bassien-Capsa, le 5 décembre 2018

Le réaménagement de Jarry : un nouveau visage d’ici 2030?

Vue aérienne de la Pointe Jarry
Vue aérienne de la zone industrialo-portuaire et commerciale de Jarry

En novembre 2018, les collectivités locales (Région Guadeloupe, communauté d’agglomération Cap Excellence et Ville de Baie-Mahault), ainsi que les entreprises et organismes économiques de l’archipel guadeloupéen se sont rencontrées pour dévoiler les projets de réaménagement de Jarry, LE poumon économique de la Guadeloupe d’ici 2030.

On peut retenir 6 objectifs déterminants :

Vue aérienne Boulevard de Houëlbourg

Vue aérienne du boulevard de Houëlbourg, axe principal de Jarry

1er objectif : la requalification du Boulevard de Houëlbourg (Route Nationale 10)

L’axe majeur de la zone industrialo-commerciale et portuaire de Jarry connaîtra une profonde requalification d’ici 2020.

Circulation sur le boulevard de Houëlbourg
Trafic automobile sur le boulevard de Houëlbourg : un axe qui sera transformé d’ici 2030

Où : Dans la portion comprise entre le rond-point « haricot » du boulevard de la Pointe Jarry (également connu sous le nom de Voie Principale) et celui de la Voie Verte. Ces travaux seront réalisés par l’urbaniste guadeloupéen Marc Jalet et vont se dérouler en 2019-20.

Plan de Jarry-Houëlbourg
Portion du boulevard de Houëlbourg qui sera réamémagée d’ici 2030 (encadrée en violet sur le plan)

Détails du chantier :

  • Aménagement de trottoirs et de passages surélevés ;
  • Aménagement de rampes d’accès et de stationnements pour les PMR (Personnes à Mobilité Réduite)
  • Aménagement d’abribus sur les nouveaux trottoirs
  •  Verdissement du boulevard avec l’aménagement de places végétalisées dotées de mobilier urbain et d’animation baptisées « Oasis », ‘implantation de plantes et d’arbres.
Plan de Jarry (noir et blanc).jpg
Plan de la zone industrielle de Jarry avec les accès depuis La Jaille (en orange) et Moudong (en bleu)

2e objectif :  le réaménagement des accès à Jarry

Le désenclavement de Jarry est vu comme un enjeu primordial pour les acteurs économiques, car les accès à la zone sont congestionnés aux heures de pointe.

Où : Les travaux de réaménagement concernent les entrées et sorties depuis La Jaille et Moudong. 

image-echangeur-de-la-jaille-1
Vue aérienne de l’échangeur de La Jaille, un des accès à la zone industrielle de Jarry qui sera requalifié d’ici 2030

Entrée de la Jaille (également appelée « Porte de la Voie Verte »)

Détails des travaux de réaménagement (début des chantiers prévus pour 2020) :

  • Mise à 2×2 voies de la Voie Verte (qui rallie Jarry à La Jaille via la mangrove), plus précisément dans la portion allant du rond-point de l’échangeur de La Jaille à l’intersection avec la rue Henri Becquerel prolongée ;
  • Création d’une bretelle d’accès direct entre la RN1 (ralliant Pointe-à-Pitre à Basse-Terre via la côte est de la Basse-Terre) et la RN11 (Rocade Nord de Pointe-à-Pitre ralliant Jarry à l’aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes) en provenance de Fond Sarail  afin de désengorger le rond-point de La Jaille.
Circulation dans Moudong
Circulation dans Moudong, l’autre accès de Jarry qui doit faire l’objet d’un réaménagenment d’ici 2030
Bretelle de sortie Moudong
Bretelle de sortie de la RN1 donnant accès à la ZI de Jarry via Moudong

Rond-point de Moudong (également considéré comme la « Porte de Moudong »)

Grandes lignes de ces travaux :

  • Réaménagement du rond-point (début du chantier prévu pour la fin 2020 et fin prévue pour début 2022) ;
  • Réaménagement des accès depuis la RN1 en provenance de Basse-Terre ou de Baie-Mahault également prévu.

 

Vue générale du futur technopôle du Morne Bernard
Vue aérienne du futur technopôle du Morne Bernard (représentation en 3D)

3e objectif : la construction du technopôle du Morne Bernard

Jarry compte prendre enfin le virage numérique et le fait savoir en lançant, d’ici 2030, le projet du technopôle au Morne Bernard.  Il est maintenant à l’ordre du jour, même si la date de lancement des travaux n’a toujours pas été fixée. On a fait appel à l’urbaniste Marc Jalet pour développer ce projet de grande envergure, aux côtés de la SEMAG (Société d’Économie Mixte et d’Aménagement de la Guadeloupe).

 

Projet+de+technopole+de+Morne+Bernard
Plan de localisation du futur technopôle tel que présenté dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de Baie-Mahault développé en 2008
Visuel du bâtiment Signal du futur technopôle du Morne Bernard
Plan d’ensemble du technopôle du Morne Bernard
Plan d'aménagement zone du Morne Bernard - 1995
Esquisse du projet du technopôle du Morne Bernard (1995)
Projet du technopôle du Morne Bernard - Marc Jalet
Maquette 3D du projet
Vue générale d'une perspective du futur technopôle du Morne Bernard
Vue générale du futur technopôle du niveau de la rue
Futur technopôle du Morne Bernard - vue d'ensemble
Vue horizontale du futur technopôle du Morne Bernard

 

Station multimodale du futur technopôle du Morne Bernard (Baie-Mahault)
Visuel d’une station d’autobus électrique du futur technopôle du Morne Bernard

Caractéristiques de ce projet :

  • Développement d’un partenariat entre collectivités territoriales et le maître d’oeuvre afin d’attirer les investisseurs et pouvoir ainsi réaliser le futur technopôle du Morne Bernard ;
  • Le technopôle (déjà considéré comme la « Silicon Valley » guadeloupéenne) comprendra notamment un palais des congrès, une faculté et des écoles d’enseignement supérieur, une pépinière pour « start-ups », mais aussi des résidences, ainsi que des zones de loisirs et commerciales.

 

Projet PADD Baie-Mahault
Carte du projet de Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) de Baie-Mahault. Les nouvelles liaisons (1= Liaison La Gabarre/Fond Sarail et 2= Moudong Nord/Morne Bernard) sont encadrées en jaune

4e objectif : la création de nouvelles liaisons routières

Les grandes lignes

  • Création d’une liaison entre Moudong Nord et le Morne Bernard (prévue pour 2021)  ;
  • Remodelage du carrefour entre la RN1 et le Morne Bernard  ;
  • Création d’une nouvelle liaison routière sera créée entre le pont de la Gabarre et Fond Sarail.

 

Photo satellite Jarry avec la mangrove.jpg
Plan de Jarry (photo satellite) avec les zones de mangrove enoturant la zone industrialo-portuaire et commerciale (représentées en vert foncé)
Environnement Baie-Mahault.jpg
Carte des zones humides (mangrove, cours d’eau et rives des Grand et Petit-Cul-de-Sac-Marin) de Baie-Mahault. Le carré vert clair indique la ZIP de Jarry

5e objectif : la sauvegarde de la mangrove et des zones humides

Les Guadeloupéens associent beaucoup Jarry avec l’industrie, le commerce et les activités portuaires, mais ils ont tendance à oublier le côté « vert » du secteur. Le poumon économique de l’archipel est effectivement recouvert de mangrove sur 125 hectares. Selon le président de la communauté d’agglomération Cap Excellence et maire de la commune des Abymes, Eric Jalton, il faut « tout faire pour intégrer Jarry dans le grand enjeu du développement durable ».

 

La mangrove menacée par le développement de Jarry
La mangrove menacée par le développement de Jarry depuis plusieurs décennies
Lutte contre les panneaux publicitaires à Jarry
Une des zones humides entourant Jarry débarassée de la pollution visuelle générée par les panneaux publicitaires

 

Caractéristiques :

  • Necessité de préserver les zones humides ;
  • Nouvelles constructions prévues dans le secteur réalisées aux normes HQE (Haute Qualité Environnementale), tel qu’envisagé par les collectivités territoriales ;
  • Mise en place d’investissements dédiés spécifiquement à la gestion des eaux de pluie et usées, ainsi qu’à l’installation d’éclairages à DEL (Diode Électroluminescente).
ZI Jarry
Le port de Jarry, un atout pour permettre à la ZIP (Zone Industrielle et Portuaire) de Baie-Mahault d’être leader dans la Caraïbe

6e objectif : une volonté de faire rayonner Jarry à l’échelle de la Caraïbe

Il s’agit ici de l’objectif final du projet de modernisation de Jarry.

. Les grandes lignes :

  • Mise en place d’un comité technique économique (prévue en 2018) ;
  • Mise en place d’un comité de pilotage économique (également prévue dans les mois à venir)
  • À plus long terme, mise en place des orientations destinées à moderniser Jarry à l’horizon 2030 et à la rendre plus compétitrice avec d’autres zones d’activités économiques de grande importance dans la Caraïbe.

 

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/une/tout-savoir-sur-le-futur-jarry-513133.php

 

Ces projets destinés à redynamiser Jarry sont très prometteurs, mais reste à savoir si tous ces projets de grande envergure seront réalisés d’ici 2030 et si le poumon économique de l’archipel deviendra, à plus long terme, celui de la Caraïbe.

 

Par Anthony Bassien-Capsa, le 29 novembre 2018

 

 

 

 

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) : une révolution dans le monde de la justice à l’échelle régionale

Nouveau TGI PAP
Vue d’ensemble en 3D du nouveau Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre, inauguré en octobre 2018

 

Introduction

Le nouveau Tribunal de Grande Instance (TGI) de Pointe-à-Pitre a été inauguré le 21 octobre 2018. Il se situe derrière la Sous-Préfecture de la Région Guadeloupe, entre la Place de la Victoire, La Darse et le Morne Massabielle. Il se différencie de l’ancien bâtiment situé sur la Place Gourbeyre, au centre-ville, par sa taille, puisque le nouveau bâtiment est plus grand que ce dernier et regroupe toutes les activités et services judiciaires et de nouvelles technologies y ont également fait leur entrée. Ceci pourrait être considéré comme une révolution dans le monde de la justice en Guadeloupe.

Maquette 3D TGI PAP
Maquette numérique du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre

 

Caractéristiques du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre

Emplacement du nouveau TGI

Le nouveau TGI de Pointe-à-Pitre se situe dans un terrain délimité par la Sous-Préfecture de la Région Guadeloupe à l’ouest, la rue Duplessis au sud, la rue Dugommier à l’est et la rue Lethière au nord. Celui-ci était autrefois occupé par l’ancienne maison d’arrêt (prison) désaffectée dès 1996 et qui a donc démolie en 2006-2007. Cette dernière fut située à l’angle des rues Lethière et Dugommier.

http://www.maximini.com/fr/news/guadeloupe/guadeloupe/seconde-vie-pour-la-prison-de-pointe-a-pitre/

Démolition de l'ancienne maison d'arrêt de PAP
Démolition de l’ancienne Maison d’arrêt de Pointe-à-Pitre en 2007
Palais de justice historique PAP
Le Palais de Justice historique de Pointe-à-Pitre, ancien siège du TGI jusqu’en octobre 2018
Annexe du Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre
Annexe du TGI de Pointe-à-Pitre, qui fut à l’origine un poste de gendarmerie

Pourquoi un nouveau TGI ?

Le nouveau TGI de Pointe-à-Pitre est largement accueilli pour les fonctionnaires, qui, après la désaffectation de l’ancienne maison d’arrêt survenu en 1996, avaient été transférés dans le tribunal historique situé sur la Place Gourbeyre, face à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul (il a été construit en 1930 par Ali Tur, après le passage dévastateur du cyclone Okechobee sur la ville le 12 septembre 1928). Certains services du TGI (tribunal pour enfants, Conseil des Prud’hommes) sont installés dans l’ancienne caserne de gendarmerie depuis juin 2006 qui est adjacente au Palais de Justice actuel. et qui accueille, par ailleurs, les services de l’instruction et du juge des libertés et de la détention. Il faut noter que le projet de nouveau tribunal est attendu depuis plus de 30 ans par les employés du TGI qui se sentent à l’étroit dans la cité judiciaire bordant la Place Gourbeyre où ils travaillent depuis le milieu des années 1980. Il a fallu attendre 1997 pour que l’on décide de mettre en place ce projet de nouveau TGI. Des études furent ainsi menées afin de savoir comment opérer ce changement de grande envergure et surtout, déterminer l’emplacement du bâtiment.

http://www.maximini.com/fr/news/guadeloupe/guadeloupe/seconde-vie-pour-la-prison-de-pointe-a-pitre/

Le chantier

Après la démolition de l’ancienne maison d’arrêt qui s’est achevée en 2008, le site a connu de nombreuses années de travaux qui ont débuté peu après. La fin du chantier du nouveau TGI était initialement prévue pour 2011 avec une mise en service prévue pour 2012, ce qui permettra à près de 60 fonctionnaires de pouvoir traiter de divers dossiers dans de meilleures conditions. Notons que chaque année, le TGI de Pointe-à-Pitre est chargé de s’occuper de plus de 33 000 plaintes et procès verbaux au pénal, de plus de 3800 dossiers de contentieux au civil et enfin de 1000 dossiers au tribunal mixte de commerce.

http://www.maximini.com/fr/news/guadeloupe/guadeloupe/seconde-vie-pour-la-prison-de-pointe-a-pitre/

Mais le chantier a pris néanmoins du retard et ce n’est qu’en décembre 2015 que la construction de la nouvelle cité judiciaire pointoise a réellement débuté. Les travaux se sont finalement achevés en septembre 2018. Le nouveau Tribunal de Grande Instance a été officiellement inauguré le 21 octobre suivant et la première audience s’y est tenue dès le lendemain. Les travaux ont coûté, au total, 27 millions d’euros. La justice attend de ce nouveau TGI un confort et une sécurité optimales aussi bien pour les justiciables que pour le grand public, grâce à la modernité apportée par les aménagements intérieurs.

https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/grande-terre/pointe-pitre/nouveau-palais-justice-pointe-pitre-ouvrira-ses-portes-21-octobre-prochain-625382.html

Façade extérieure du TGI de PAP
Détail de la façade extérieure du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre vu depuis la Place Camille Desmoulins
Salle d'accueil Nouveau TGI PAP
Hall d’accueil du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre
Salle d'audience Nouveau TGI PAP
Intérieur d’une des sept salles d’audience du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre

Caractéristiques du bâtiment

Le nouveau TGI de Pointe-à-Pitre impressionne par sa taille. Le bâtiment occupe un espace total de 6000 m², ce qui représente un espace trois fois plus grand que celui du Palais de Justice historique de la Place Gourbeyre. À l’accueil, on ne compte pas qu’un seul guichet (contrairement au bâtiment historique de la place de l’Église), mais cinq ! Ces derniers sont regroupés en trois catégories différentes :

  • Les guichets A, B et C sont destinés à l’ensemble des usagers ;
  • Le guichet D est réservé aux partenaires de justice (avocats, enquêteurs, experts, etc.) ;
  • Enfin, le guichet E est, quant à lui, réservé aux personnes à mobilité réduite.

On peut ajouter que ces guichets sont également équipés pour accueillir les personnes sourdes et malentendantes.  Par ailleurs, le nouveau TGI dispose de box de confidentialité conçus pour recevoir les justiciables en toute discrétion. Autrement dit, ce sont les espaces privés où les avocats peuvent faire leurs consultations avec leurs clients, en plus d’une salle collective où ils se réunissent avant et après les audiences.

La nouvelle cité judiciaire pointoise dispose de sept salles d’audience (trois au rez-de-chaussée et quatre à l’étage), toutes dotées des derniers équipements technologiques (vidéoconférence, sonorisation, WiFi, etc.), mais aussi d’écrans à l’entrée de chacune de ces dernières qui annoncent l’audience en cours et les affaires traitées. On peut donc constater que la justice pointoise s’est véritablement modernisée.

Les matériaux utilisés pour la construction du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre sont le bois et la pierre, ce qui a émerveillé sa présidente, Mme Béatrice Blanc, qui a déclaré « n’avoir jamais été dans un palais de justice aussi beau« .

Autre innovation du nouveau TGI de Pointe-à-Pitre : l’installation du SAUJ (Service d’Accueil Unique du Judiciable) qui permet de faciliter les démarches du public. Les services du parquet de Pointe-à-Pitre seront parallèlement réunis en un seul et même étage, dans le but d’améliorer l’efficacité. Par ailleurs, des circuits sécurisés ont été mis en place afin de favoriser les transferts des détenus sous escorte, empêchant ainsi tout contact avec le public, ce qui répond aux attentes du procureur de la République de la ville, M. Xavier Bonhomme. L’ancien tribunal restera en activité, mais servira dorénavant au Tribunal d’Instance et prud’homal.

http://www.franceguyane.fr/regions/amazonie-caraibes/un-nouveau-palais-de-justice-ultramoderne-421630.php

https://www.rci.fm/infos/justice/presentation-du-nouveau-palais-de-justice-de-pointe-pitre

Morne Massabielle - PAP
Vue du quartier du Morne Massabielle, un des quartiers du sud-est de Pointe-à-Pitre avoisinant le nouveau TGI, depuis la place Camille-Desmoulins caractérisé par de l’habitat ancien et insalubre

Insertion dans le tissu urbain environnant

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre est situé dans un secteur du sud-est de la ville délimité par la Place de la Victoire, La Darse et le Morne Massabielle et dont le tissu urbain est caractérisé par des bâtiments délabrés. On peut constater qu’il s’agit là d’un contraste entre le nouveau bâtiment et les îlots avoisinants, par rapport à ses dimensions.

Mémorial ACTe - vue aérienne
Le Mémorial ACTe, musée caribéen consacré à la mémoire de l’esclavage ouvert en 2015 à l’emplacement de l’ancienne usine sucrière Darboussier : un exemple de reconversion réussie et de réaménagement des quartiers sud-est de Pointe-à-Pitre
Publireportage projet Hôtel Transatlantique PAP
Couverture du publireportage sur le projet de l’hôtel 4 étoiles Le Transatlantique, qui devrait être construit à côté du Mémorial ACTe et qui constituerait un moteur de développement économique des quartiers sud-est de Pointe-à-Pitre et de la communauté d’agglomération Cap Excellence dont Pointe-à-Pitre en est la ville-siège

Les quartiers sud-est de Pointe-à-Pitre (Carénage, Chemin-Neuf, Darboussier, Cour Zamia, etc.) sont en effet des îlots de pauvreté qui sont gangrenés non seulement par une forte délinquance, mais par la prostitution. Mais depuis le début des années 2000, ils connaissent une vaste opération de Résorption de l’Habitat Insalubre sans précédent qui changent le paysage de ces derniers et dont le programme est destiné à supprimer les logements insalubres dans ce secteur de la ville. Ceci y a notamment amené le Mémorial ACTe, le plus grand musée consacré à l’esclavage et à la diaspora noire dans le monde, ouvert en 2015 à l’emplacement de l’ancienne usine sucrière Darboussier en bord de mer. Non loin de là, un projet d’hôtel 4 étoiles, baptisé « Le Transatlantique », avait été dévoilé en juin 2016 par la Ville de Pointe-à-Pitre, en collaboration avec le groupe immobilier français Icade, l’investisseur français Manta Ray Group et du groupe hôtelier espagnol et international Melià Hotels. C’est un hôtel d’affaires et de loisirs qui pourrait symobliser un enjeu important dans le secteur de la sortie Sud-Est en pleine mutation, mais plus largement pour la communauté d’agglomération Cap Excellence (dont Pointe-à-Pitre en constitue le siège), dont il s’agit d’un moteur potentiel de son développement économique. Cet hôtel pourrait voir le jour au début de la décennie 2020.  La construction du nouveau Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre pourrait également s’inscrire dans cette dynamique de réaménagement urbain.

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/economie/la-renovation-de-l-ilot-des-cours-zamia-n-est-pas-pour-demain-352306.php

http://www.caraibcreolenews.com/index.php/service-presse/item/6090-guadeloupe-presentation-de-l-hotel-le-transatlantique-4-etoiles

Conclusion

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre, inauguré le 21 octobre 2018, a fait rentrer le monde judiciaire guadeloupéen dans le 21e siècle, grâce au confort moderne de ses espaces intérieurs, à l’introduction des nouvelles technologies, ainsi qu’aux conditions de sécurité optimale qu’il apporte aux usagers (avocats, juges et grand public). Mais on peut toujours s’interroger quant à son insertion au sein du tissu urbain des quartiers environnants constituant la Sortie Sud-Est de Pointe-à-Pitre (ce secteur urbain est nommé ainsi car il constitue une porte d’accès vers la commune voisine du Gosier, et plus largement la côte sud de la Grande-Terre), qui sont gangrenés par une très forte délinquance et une très forte pauvreté, mais dont le visage change progressivement depuis près de 20 ans avec cette importante RHI qui a permis l’élimination de l’habitat insalubre et son remplacement par de l’habitat neuf et moderne. Le nouveau TGI constitue un fort contraste avec son environnement immédiat, dont le visage pourrait changer dans les années à venir.

 

Publié le 31 octobre 2018, par Anthony Bassien-Capsa

 

 

 

 

 

 

 

Projets d'urbanisme connus et moins connus dans les DOM-TOM, en France Métropolitaine et au Canada)